Municipales 2026 de Lille : Baptiste Roussel, un candidat sans parti
Le 15 et 22 mars, les élections municipales désigneront le successeur à la mairie de Lille. Si un sondage IFOP Fiducial donne une idée des intentions de vote, la candidature de Baptiste Roussel semble clairement se distinguer des autres listes. La raison ? Le candidat ne se revendique d’aucun parti. Dès lors, comment sa candidature trouve sa place dans le paysage politique de la capitale des Flandres ?
« Une candidature d’idées, pas de parti«
Historiquement, Lille est une ville de gauche socialiste. Et c’est un euphémisme. Augustin Laurent (pendant 17 ans), Pierre Mauroy (pendant près de 28 ans), puis Martine Aubry (pendant 24 ans), et enfin Arnaud Deslandes, actuel maire, tous ont représenté la ville sous la bannière du PS. Conscient de cette identité, Baptiste Roussel veut se démarquer en portant une « candidature citoyenne », et pas de parti.
Né à Lesquin et après 20 ans de gestion d’entreprise et de projets complexes, il a justifié ce choix dans une interview pour Pépère News : « C’est une candidature sans étiquette politique. Je trouve qu’il y a des idées intéressantes dans différents partis, mais je n’ai jamais réellement trouvé un programme sur lequel j’étais en phase. […] Les partis politiques se spécialisent sur une « clientèle », mais ce côté idéologique m’énerve un peu et n’est parfois pas très sain. »
Alors comment trouver sa place dans un paysage aux couleurs politiques très marquées ?
D’abord la question pragmatique du financement de la campagne s’est posée. Baptiste Roussel n’a pas l’accès aux soutiens médiatiques, humains et monétaires des gros partis. Alors, le candidat a dû trouver des alternatives. Très présent sur les réseaux, il semble miser sur un électorat jeune et étudiant. Trois grands axes se distinguent dans son programme : la sécurité et la propreté, l’écologie quotidienne et les dépenses publiques. Sur son compte Instagram, il se veut très critique vis-à-vis des chauffeurs du personnel de la mairie. Et cette transparence est pour lui un marqueur, une nécessité dans la crise de confiance que connaissent les représentants politiques.
L’éternelle question de l’abstention est aussi pour lui dramatique. Alors qu’une personne sur deux ne vote pas à l’élection municipale et qu’en 2020, 72% des 18-24 ans se sont abstenus, ce sont les profils comme le sien qui en pâtissent le plus : « Les gens se plaignent beaucoup de la politique, néanmoins quand vous avez des gens de la société civile, ils sont très rarement élus. Il y a ce côté où les gens se raccrochent à ce qu’ils connaissent déjà. »
Baptiste Roussel fait le pari osé de se présenter sans couleur politique ; le manque de moyens peut être rédhibitoire dans une campagne pour une ville comme Lille. Mais sa démarche interpelle : est-il possible aujourd’hui de s’investir en politique sans avoir d’étiquette, d’idéologies partisanes et de calculs politiques ? Les résultats du mois de mars nous le diront.
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