Cargo bloqué à Dunkerque : Greenpeace dénonce une cargaison d’uranium russe
Greenpeace a bloqué ce lundi 2 mars un cargo en provenance de Russie dans le port de Dunkerque. L’objectif : empêcher la livraison de sa cargaison. L’ONG soupçonne que celle-ci était de l’uranium provenant de Russie pour le nucléaire français. Le blocus a été levé à 9 h 10.
Lundi 2 mars à 4h10, Greenpeace entre en scène dans le port de Dunkerque. Leur cible, un cargo nommé Mikhail Dudin en provenance de Russie soupçonné de transporter de l’uranium russe pour le nucléaire français. Une vingtaine de militants étaient présents sur place, certains attachés à l’écluse, d’autres à bord de petits kayaks. Des banderoles avec inscrit « Uranium : EDF aime Poutine » (avec un cœur pour « aime »), « Stop aux contrats toxiques » ou encore « Solidarity with Ukrainians » étaient affichées. Le blocus levé, 12 arrestations dans le calme ont été effectuées, dont 4 personnes en garde à vue pour entrave à la liberté du travail et intrusion dans une zone non autorisée.
Une action répétée
Depuis 2022, l’ONG internationale dénonce la poursuite de contrats liant l’industrie nucléaire française et la Russie. Sont concernées les entreprises d’EDF, Framatome et Orano, toutes soupçonnées de collaborer avec l’entreprise d’État Rosatom malgré les sanctions européennes contre Moscou.
Dans un communiqué publié ce lundi, Pauline Boyer, chargée de campagne sur le nucléaire pour Greenpeace, affirme que “ce commerce qui alimente indirectement la guerre de Poutine doit cesser”. Elle ajoute : “À de nombreuses reprises, nous avons observé le déchargement d’uranium enrichi russe ou d’uranium naturel depuis ce cargo. Qu’y a-t-il dedans aujourd’hui ? Seuls Orano, EDF et/ou Framatome le savent pour l’instant ». Le World Nuclear Summit se tiendra le 10 mars prochain, l’occasion pour Greenpeace de dénoncer les collaborations russes et françaises.
De l’uranium à en revendre
D’après les données de Global Finishing Watch, le cargo Mikail Dudin a effectué depuis le 24 février 2022 20 allers-retours entre Dunkerque et les ports de Vistino, Oust-Louga et Saint-Pétersbourg (nord-est de la Russie). D’après Greenpeace, un autre cargo qui transporte de l’uranium en provenance de Russie, le Baltiyskiy-202, aurait quant à lui effectué une quinzaine d’allers-retours sur la même période. Étant tous deux sous-pavillon panaméen, les bateaux sont rattachés aux règles fiscales, sociales, environnementales et pénales du pays en dehors des eaux territoriales.
Selon les douanes françaises en 2025, la France a importé 112 tonnes d’uranium enrichi depuis la Russie, représentant un quart de ces achats. Une quantité en baisse depuis le début du conflit en Ukraine.
Elise Bontemps
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